le carnet
C

Paul Claudel

Extraits de «cent phrases pour éventails»

~ * ~


Jizô
sur
son
piédestal
ferme les yeux
comme un homme
en plein midi
qui ferme les yeux
à cause d'une lumière
trop grande

~ * ~


La
nuit
approche ta joue
de ce bouddha de
pierre et
ressens combien
la journée a été
brûlante

~ * ~


Cette
nuit
il a plu
du vin
Je le sais il n'y a pas
moyen d'empêcher les
roses de parler

~ * ~

長 谷 Je
suis
venu
du bout du monde
pour savoir ce qui se
cache de rose au fond
des pivoines blanches
de Hasédéra

~ * ~


Nous
r
ouvrons
les yeux
et la rose a d
isparu nous
avons tout r
espiré

~ * ~


Éventail de la parole
du
poète
il ne reste plus que le
s
ouffle

~ * ~


Comment
vous
parler
de
l'
automne
quand j'ai encore
dans l'oreille cette
aigre flûte du
printemps
qui me remplit la bouche
d'eau

~ * ~


De
l'
encen
s
il ne reste plus que la
fumée et
de la fumée il ne reste
plus que l'odeur

~ * ~


Dans
la
forêt
sur une tombe
abandonnée
une lanterne
blanche

~ * ~


Entre
le
jour
et la
nuit
ce n'est pas encore
aujourd'hui
c'est hier

~ * ~

les textes originaux calligraphiés par Claudel, ont été lithographiés sur de véritables éventails, disposés «dans une boîte de toile grise, mouchetée d'or, à fermeture d'ivoire», nous dit Michel truffet dans la postface du petit bouquin de poche qui vient de m'émerveiller.

alors forcément, dans le-dit bouquin de poche (nrf Poésie/Gallimard), ça perd déjà beaucoup de charme, et encore davantage sur la retranscription que vous venez de lire. mais se priver de ces phrases serait trop dommage... je vous invite à lire le livre quand même, et on croise les doigts pour accéder un jour à un fac-simile des éventails

Passez la souris sur les kanji pour voir leur signification et leur prononciation.