Nostalgie
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(Quand le passé fait de grands signes à quelqu'un qui ne l'a jamais connu. La déchirure du je-veux-connaître-avant et du mais-c'est-trop-facile en même temps. Je croise mes autres moi dans le temps, elles me tiennent la main. Peut-être sont-elles ravies de changer d'époque... les veinardes !)
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C'est un signe.
Désormais, n'importe quel bruit peut être un signe, et au magasin Beresford tout le monde se fige. Cela se passe toujours ainsi. Chacun observe, chacun écoute, chacun se cache derrière un regard toujours absent qui veut dire : inutile de me demander, je ne sais rien, la question qui hante tous les esprits est : comment cela finira-t-il ?
Eh bien, par un retour au récif d'Oyster évidemment, là où tout a commencé, cela nous le savons tous, mais quand cela finira-t-il ?
Mercy a remarqué que les gens ne peuvent plus vivre comme à l'ordinaire, en se laissant confortablement aller sans réfléchir, comme autrefois, quand les heures écoulées devenaient des journées, et les journées devenaient du temps tout aussi naturellement que les rivières se jettent dans les fleuves, et les fleuves dans les mers intérieures ; du moins, c'est ce qu'on dit, ce que les livres expliquent, et ce qu'affirmait Miss Rover, l'ancienne et unique institutrice de Mercy, et cette dernière croit volontiers qu'il en allait ainsi, autrefois. Certains jours elle arrive presque à se souvenir de l'époque où il y avait une nappe d'eau dans le lit pâle et doré du fleuve et dans le cratère du puits salant de la mer du Néant.
[ Janette Turner Hospital - l'Opale du désert ]
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(La nostalgie, c'est lorsqu'un presque me tord le ventre et me donne envie de pleurer.)
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Voices heard in fields of green
Their joy their calm and luxury
Are lost within the wandering of my mind
I'm cutting branches from the trees
Shaped by years of memories
To exorcise the ghosts from inside of me
The sound of waves in the pool of water
I'm drowning in my nostalgia
David Sylvian