Marina Tsvetaeva
Extraits de lettres de Marina Tsvetaeva à Rainer Maria Rilke.
Tu es ce que je rêverai cette nuit, ce qui me rêvera cette nuit. (Rêver ou être rêvé ?) Une moi inconnue dans le rêve d'un autre. Je ne t'attends jamais, je t'éveille toujours.
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Quand quelqu'un nous rêve ensemble -- nous nous rencontrons.
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Si tu me prenais contre toi, tu prendrais les plus déserts lieux. Tout ce qui ne dort jamais voudrait rattraper son sommeil dans tes bras. Jusqu'au fond de l'âme (de la gorge) -- tel serait mon baiser. (Pas un incendie : un abîme.)
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Je ne plaide pas ma cause, je plaide la cause du plus absolu des baisers.
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Tu es sans cesse en voyages, tu n'habites nulle part, et tu rencontres des Russes qui ne sont pas moi. Écoute-moi, une fois pour toutes : en Rainérie, moi seule représente la Russie...