Les Mots
*-*
le chat et moi
ne franchissons pas
la porte
Lu Yu
*-*
(Lorsque j'ai lu cette phrase pour la première fois, j'ai imaginé...
un vieux sage chinois qui après des années d'errance entre la cour et les honneurs, puis les disgrâces et la mendicité, avait élu domicile dans une cahute à la montagne. Une rivière probablement coule pas loin, un potager qui le nourrit, frugalement mais dans la sérénité. J'ai imaginé que ce vieil homme n'avait pour seul compagnon qu'un chat, et que ce soir-là, un soir d'été bien sûr, les étoiles étaient si belles que ni l'un ni l'autre n'avaient souhaité retourner sous un toit.
En fait, en fait...
Quelques mois après, dans un livre consacré à Lu Yu, j'ai trouvé l'intégrale du poème :)
le vent soulève le fleuve et le lac, la pluie assombrit le village
les montagnes alentour rugissent comme les vagues déferlantes de la mer
un feu doux de fagots du torrent, une chaude couverture barbare en laine,
le chat et moi ne franchissons pas la porte.
*-*
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Un mot tient son pouvoir en lui-même et de lui-même. A partir de rien, il acquiert un son et un sens. Il donne naissance à toutes choses. C'est au moyen des mots qu'un homme peut traiter avec le monde d'égal à égal. ]
[ N. Scott Momaday - A la source ]