ou : mais qu'est-ce qu'un haïku ?

L'écriture scientifique et le haïku ont plusieurs points en commun, notamment le désir de révéler la nature des choses, et le besoin de clarté et de brièveté.
Le haïku est plus intéressant.
                                                        Cyril Childs

C'est assez lapidaire comme avis, mais vous verrez que c'est très bien trouvé !

initiation au haïku

Le haïku est une forme de poésie japonaise très brève (trois lignes, dix-sept syllabes !) qui va à l'opposé de tout le grand courant «lyrico-métaphysico-poético» occidental.

Les fameuses dix-sept syllabes sont partagées en 5 sur la première ligne, 7 sur la deuxième, et 5 sur la troisième.

A mon sens, le haïku a en commun avec l'oeuvre de Cocteau, la fulgurance, l'apparence de la simplicité.

Dans «,Rebecca», Hitchcock fait dire à son héroïne qu'elle voudrait mettre ses souvenirs en flacons, comme un parfum, et ouvrir les bouteilles au gré de ses envies pour revivre les moments passés.

Un haïku, c'est un peu ça. Et vos lecteurs seront émus ou non en vous lisant, suivant qu'ils auront les mêmes souvenirs que vous, ou non.

Autre règle : pas de métaphore ! C'est interdit ! Le haïku doit emmener au pays des sensations, des souvenirs, par l'évocation de la réalité, sans s'encombrer d'images plus ou moins fumeuses. Il signale un instant particulier, à nous de le revivre.

Dernier détail : dans la règle de l'art, le haïku contient ce qui s'appelle un kigo, c'est à dire une référence à la saison, ce qui relie le haïku à la nature. Grâce à quoi, le haïkiste est un attentif qui aime faire partager les émotions qu'il a ressenti lors de ses ballades !

Vous rendez vous compte amis poètes ! Plus besoin de vous demander si vous avez «fait» assez long, assez «poétique» ou si vous êtes tombé dans les derniers et les plus plats des lieux communs ! Tout ceci est interdit en haïku ! Quelle chance ! Vive la philosophie et le zen des orientaux !

Maintenant, si vous voulez écrire un haïku, la seule chose à pas oublier, c'est l'esprit du haïku : si votre haïku est efficace, mais qu'il fait 13 ou 20 syllabes, et bien pourquoi pas ?

Il y a également le «problème» du kigo. Nous sommes visiblement plus éloignés de la nature que ne l'étaient, ou que ne le sont, les japonais et du coup, il semble aussi que le kigo soit très éloigné de notre façon occidentale de voir les choses. L'essentiel est d'observer, que ce soit la nature ou les hommes, et de donner à ressentir, kigo ou non...

Les «saijiki» (ou almanach en français) éclairent beaucoup cet aspect de la question : ce sont des anthologies ou tous les mots de saison ou kigo sont répertoriés, accompagnés d'haïkus les illustrants. (des haïkus des classiques de «premier choix», vous vous en doutez bien !)

Au début, un saijiki, ça paraît incroyable (enfin : ça m'a parut incroyable !) : il semble qu'il existe en japonais un mot pour chaque chose qui puisse arriver. C'est franchement déroutant au premier abord, et puis, vient une sorte de fascination.

N'oubliez pas :
- un minimum de syllabes (ce qui est facilité, par le 5/7/5, du moins pour l'apprentissage)
- pas de métaphore
- restez sobre dans l'expression

Si le coeur vous en dit, passez à la section «lancez-vous» !


collection de haïku - le Petit Haïku Illustré -